Télémédecine : la téléconsultation mode d’emploi

11 octobre 2019

Télémédecine : la téléconsultation mode d’emploi

Un chariot de téléconsultation. Une carte vitale. Un patient bien informé. Et un médecin ailleurs. Le tour est joué. La consultation médicale à distance peut commencer. Explications de Damien Uhlrich, directeur général d’Hopi Medical lors des Journées de rentrée 2019 de la Mutualité Française à Nancy.

« La téléconsultation reste une consultation normale », déclare en préambule Damien Uhlrich, directeur général d’Hopi Medical, une entreprise spécialisée dans les équipements de téléconsultation. C’est à l’occasion des Journées de rentrée 2019 de la Mutualité Française que cette société a fait la démonstration en direct et en temps réel d’une téléconsultation devant plus d’une centaine de mutualistes.

A l’autre bout de la ville de Nancy, un opérateur qui joue le rôle du patient est accueilli dans une salle de téléconsultation équipée d’un chariot spécialisé et d’une webcam.

La consultation est retransmise aux participants en visioconférence au centre des congrès Prouvé de Nancy. Et c’est juste bluffant !

La téléconsultation en pratique

C’est avec une simplicité enfantine que se déroule l’examen médical à distance. Les huit étapes de la consultation sont scrupuleusement respectées : l’accueil, l’écoute, l’interrogatoire, l’observation, l’inspection générale, la palpation et la percussion (de l’abdomen et des poumons par exemple), et pour finir l’auscultation à l’aide dispositifs médicaux connectés au chariot.

« L’assistant médical – une infirmière par exemple – dispose d’un stéthoscope et d’un otoscope (tympan) connectés», précise Damien Uhlrich. S’ajoutent à ces dispositifs la possibilité de faire un électrocardiogramme (ECG) et une échographie doppler à distance. En cas d’examen dermatologique, des photos des lésions de la peau sont transmises également au médecin téléconsultant.

Des dispositifs d’auscultation connectés

Loin du lieu de l’examen, le médecin pilote l’ensemble de la consultation, zoom sur les clichés des lésions dermatologiques ou étudie l’état du tympan et de la gorge, ou encore analyse l’échographie doppler et l’ECG.

Puis il enregistre les résultats des examens réalisés dans le dossier médical partagé (DMP) du patient ainsi que son compte-rendu. Enfin, il rédige la prescription de médicaments qui est télétransmise au lieu de la consultation. Elle est imprimée pour qu’il se rende à la pharmacie de proximité recueillir son traitement.

 

Dans le respect du parcours de soins

« Toutes les normes déontologiques sont respectées : l’information et le consentement du patient, la vérification de son identité, le respect du secret médical, le stockage sécurisé des données », explique Damien Uhlrich.

Au total, la consultation aura duré 7 minutes pour le médecin et un bon quart d’heure pour le patient avec l’infirmière de téléconsultation qui s’occupe également de toute la prise en charge administrative.

Tous les médecins peuvent pratiquer des téléconsultations, en ville ou en centres de soins, qu’ils soient généralistes ou spécialistes.

Cet examen médical à distance est réalisable partout en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer.

La téléconsultation s’inscrit dans le respect du parcours de soins coordonné par le médecin traitant.

Elle est facturée par le médecin téléconsultant au même tarif qu’une consultation en face-à-face, soit entre 23 € et 58,50 € selon la spécialité et le secteur d’exercice du médecin : secteur 1 ou 2. La téléconsultation sera remboursée comme une consultation normale par l’assurance maladie et la complémentaire santé.

Ghislaine Trabacchi

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